Depuis le 2 février 2026, un même sentiment traverse deux mondes qui, d’habitude, se regardent en chiens de faïence : la peur.
D’un côté, Bitcoin vient d’enchaîner quatre mois consécutifs dans le rouge — un pattern rare, qui rappelle les séquences les plus difficiles du passé. De l’autre, l’or et l’argent-métal viennent de vivre un épisode de volatilité brutale : une baisse violente, puis un rebond rapide, comme si le marché avait “secoué l’arbre” pour faire tomber les mains faibles.
Ce qui perturbe beaucoup de débutants, c’est le paradoxe apparent : “Bitcoin est risqué… ok. Mais l’or est censé protéger. Pourquoi les deux chutent en même temps ?”
La réponse est simple (et extrêmement utile) : à court terme, un marché ne bouge pas seulement selon la “qualité” d’un actif, mais selon la liquidité, le levier, et la psychologie collective. Et en 2026, ces trois forces sont au cœur du film.
Cet article propose une lecture premium (accessible aux débutants) :
- ce que raconte la chute du Bitcoin (et pourquoi elle rappelle 2017/2018 à certains),
- ce que révèle la chute de l’or (et pourquoi une correction peut être “saine”),
- pourquoi Wall Street et ses produits (ETF, index, règles) reviennent au centre du jeu,
- et surtout : quoi faire concrètement pour ne pas subir les peurs.
Cadre important : ceci n’est pas un conseil financier personnalisé. C’est une grille de lecture + un plan de gestion du risque, adapté aux débutants.
Pourquoi la chute de l’Or et Bitcoin en 2026 ?
Ce qui se passe vraiment (sans jargon)
1) Bitcoin : quatre mois rouges, et un seuil psychologique qui craque
Le marché a enchaîné des baisses mensuelles, c’est rare pour le Bitcoin. Une telle série ne s’est produite que trois fois dans toute l’histoire de la cryptomonnaie.
À titre de comparaison, même durant la terrible dépression des marchés de 2022, Bitcoin n’avait pas enchaîné plus de trois mois négatifs d’affilée.
Pas étonnant que ça sape l’ambiance générale actuellement : les investisseurs ne se demandent plus “quand le prochain ATH ?”, mais “jusqu’où ça peut descendre ?”.

Le moral des investisseurs est à 5 (peur extrême) selon l’indice “Crypto Fear & Greed Index”
Ce genre de séquence a un effet mécanique : elle transforme une baisse en récit. Et ce récit devient contagieux : peurs → ventes → nouvelles peurs → nouvelles ventes → sur-réaction du marché.
C’est exactement ce qu’on observe quand les supports “symboliques” sautent et deviennent résistances (en gros : un ancien ‘plancher’ devient un ‘plafond’) : les stops se déclenchent, les algorithmes accélèrent, et les investisseurs non préparés finissent par vendre… au pire moment.
Et c’est là que naît le sentiment de déjà-vu.
Le déjà-vu “Wall Street” sur Bitcoin : complot ou pattern crédible ?
Soyons précis : affirmer une manipulation exige des preuves (et c’est rarement démontrable par un particulier).
En revanche, observer des mécaniques qui se répètent est une lecture de marché utile.
Le pattern récurrent (version simple)
- Un narratif anxiogène sort (attaque médiatique, rumeur, tweets, menace réglementaire, “Bitcoin est mort”, etc.).
- Le prix décroche, souvent sur plusieurs semaines/mois. Capitulation des mains les plus fragiles.
- Pendant que le grand public panique, les acteurs institutionnels font leur entrée puis renforcent leur présence… et structurent des produits financiers (ETF, produits dérivés) … qu’ils vendront à leurs clients.
Marché financiarisé = produits = commissions. - Au final, le public vend dans la peur… et rachète plus tard dans l’euphorie.
Ce pattern a un précédent marquant : en 2017, Jamie Dimon (JP Morgan) a traité Bitcoin de “fraude”, le marché chuta de 85% en 2018 (l’hiver crypto) … alors que l’adoption et l’intérêt institutionnel continuaient leur montée.
Aujourd’hui, le scénario “narratif public vs réalité institutionnelle” réapparaît : Wall Street “arrive” surtout quand il peut facturer.
Et voici le point qui fait débat actuellement …
L’angle MSCI + Strategy (ex MicroStrategy) : pourquoi ça compte
Un élément cristallise ce débat : d’un côté, il y a Strategy (anciennement MicroStrategy), cette Action d’entreprise est considérée comme le “proxy” le plus pur – un véhicule d’investissement boursier – permettant d’acheter facilement du Bitcoin indirectement. Ce qui signifie qu’en tant que telle, les institutions financières n’y gagnent que trop peu, en termes de commissions.
De l’autre côté, Bloomberg a rapporté, début 2026, que MSCI (Morgan Stanley Capital International) a examiné l’idée de limiter l’éligibilité d’entreprises très exposées à la crypto (ex “>50% des actifs”), au sein des principaux indices boursiers — et Strategy a été un nom naturellement cité dans ce type de scénario.
MSCI a ensuite écarté l’idée (pour l’instant). Bloomberg
MSCI conçoit des indices boursiers suivis par 15 000 milliards de dollars de capitaux investis dans le monde (au travers d’ETF et de fonds indiciels)
Le point évoqué est le suivant :
- Quand un indice retire une entreprise, les fonds indiciels vendent mécaniquement.
- Cela peut déclencher des ventes forcées (même si l’entreprise n’a “rien fait”) … donc amplifier les baisses. Il y aura un impact significatif non seulement sur l’entreprise elle-même mais aussi sur le sous-jacent, en l’occurrence le bitcoin.
Strategy peut devenir un point de fragilité : si elle subissait des ventes forcées, ça amplifierait mécaniquement le stress.
Et ça crée exactement l’environnement que “le marché” adore : panique + liquidations + prix cassés.
D’après la presse financière, MSCI a mis de côté cette réflexion (pour l’instant).
Bon à savoir : entre le 10 Octobre 2025 et le 12 Février 2026, le bitcoin a perdu environ 50% de sa valeur. Il est maintenant de retour à son niveau de l’été 2024, étant repassé sous les
70 000 dollars. Sur la même période, Strategy a perdu 64% de sa valorisation.
Les institutions s’impliquent surtout quand elles peuvent structurer (ETF, produits, indices) et capter des frais. Souvent, elles préfèrent le faire après une baisse.
Le point que la plupart des gens ratent : Wall Street “confesse” surtout une chose
Si Bitcoin était réellement “en train de mourir”, les institutions feraient l’inverse : elles couperaient le sujet, pas elles ne l’industrialiseraient.
Or on observe le contraire. En décembre 2025, nous avons appris que :
- Bank of America (la 2nde plus grande banque américaine) a approuvé l’accès aux produits crypto pour ses clients de gestion de fortune et évoque des allocations de l’ordre de 1% à 4% pour ceux qui acceptent la volatilité. À partir de janvier 2026, les stratèges en investissement de la banque commenceront à couvrir quatre ETF sur le bitcoin, dont l’IBIT de BlackRock.
Source : Reuters - Vanguard longtemps réticent car elle jugeait le BTC “trop volatile”, a fini par autoriser sur sa plateforme la négociation d’ETF Bitcoin et de fonds investis principalement dans des crypto-monnaies, dont le Bitcoin, Ethereum , XRP et Solana.
Source : Bloomberg - Goldman Sachs a racheté Innovator Capital Management pour 2 milliards de dollars. Innovator est un spécialiste des ETF et propose notamment des ETF structurés autour du bitcoin. C’est le même Goldman Sachs qui en 2020 disait que les crypto-monnaies y compris le bitcoin “are not an asset class” and “not a suitable investment.”
Source : Boursorama - BlackRock, via son ETF Bitcoin (IBIT), est devenu un acteur central.
Selon le site Fortune, “IBIT est rapidement devenu l’un des ETF les plus rentables de BlackRock, avec des revenus de frais qui rivalisent — voire dépassent — plusieurs ETF historiques, ce qui explique l’appétit des concurrents.”
Source : Fortune
Traduction simple : Wall Street veut sa part du gâteau.
Et quand l’industrie financière veut sa part, elle préfère souvent entrer après une baisse, pas au sommet.
2) Or et argent-métal : une chute violente ne signifie pas “thèse invalidée”
Fin janvier 2026, l’or et l’argent-métal ont connu une baisse spectaculaire sur un laps de temps très court, avant un rebond partiel dès la semaine suivante.
L’or a chuté de plus de 12 %, passant sous la barre des 5 000 dollars l’once, ce qui représente sa plus forte baisse intrajournalière depuis le début des années 1980.
L’argent-métal a subi un effondrement encore plus spectaculaire, plongeant de 36 %, une baisse intrajournalière record.
Source : Bloomberg
Ce type de mouvement choque car les métaux précieux sont souvent perçus comme “stables”. N’en déplaise aux gros titres dramatiques des journaux … En réalité, la volatilité peut être très violente … surtout quand le marché papier et l’effet de levier (options, ETF) dominent à court terme : ça purge, puis ça stabilise.
Et c’est précisément le point que beaucoup ratent :
Une correction peut être un “reset” du levier, pas un effondrement des fondamentaux. Lorsque le marché est trop chargé en positions spéculatives, il suffit d’un catalyseur (annonce, rumeur, changement de marges…) pour provoquer des liquidations en cascade, sans que “le monde ait changé” en 24 heures.
Et d’ailleurs, cette récente correction ne change rien à la configuration de long terme et pourrait même l’avoir améliorée.
Pourquoi l’or chute “en même temps” que Bitcoin ? (La réponse qui calme vraiment)
Un débutant pense :
- Bitcoin = risque → normal que ça baisse
- Or = refuge → donc ça ne devrait pas baisser
Mais le marché pense autrement à court terme.
1) K.Warsh à la tête de la Fed
Selon l’agence Reuters, la nomination de Kevin Warsh pour la Fed, le vendredi 30 janvier 2026, a été associée à une forte baisse de l’or et de l’argent-métal. – Reuters.
Les observateurs l’ont présenté comme étant “hawkish” (en français “faucon”), c’est-à-dire peu favorable à la baisse des taux, déclenchant des prises de bénéfices par le marché.
Bien entendu, ce n’est pas la cause unique de la baisse des prix sur les métaux.
2) Le levier et les appels de marge
Effet de levier (“amplifie gains ET pertes”)
Appel de marge (“le courtier force la liquidation si la garantie n’est plus suffisante”)
Après ses plus hauts historiques en 2025, l’or et l’argent-métal ont continué de bondir en janvier 2026. L’activité sur les options a atteint des niveaux records. Une vague d’achats de produits financiers avec effet de levier (leverage) renforce mécaniquement la dynamique haussière. Mais, ce type d’exposition crée une fragilité. Quand le marché est chargé en positions à effet de levier (options, futures), une purge est nécessaire = une baisse déclenche des liquidations, qui déclenchent… d’autres liquidations.
C’est vrai en crypto, et c’est vrai aussi sur les métaux précieux.
Pour assainir l’environnement, à compter du 2 février 2026, le CME a relevé les exigences de marge sur certains contrats, pour l’or de 6% à 8% et pour l’argent-métal de 11% à 15%.
3) La “vente de ce qui monte” pour couvrir ce qui s’écroule
Dans une phase de stress, beaucoup vendent leurs positions gagnantes (souvent l’or) pour compenser ailleurs (actions, crypto, etc.).
Résultat : même un actif “solide” peut baisser… simplement parce qu’il est liquide et vendable rapidement.
4) Marché papier vs marché physique (à connaître absolument)
Un point clé (et très pédagogique) : le prix peut chuter sur le marché papier (options, ETF) pendant que la demande physique (lingots/pièces) reste forte quel que soit le niveau de prix.
Quand vous comprenez ça, vous comprenez pourquoi une chute brutale ne détruit pas forcément la logique long terme : la demande physique peut rester robuste même quand le papier panique.
Un dossier complet – explicatif et actionnable – a été publié à ce sujet. Vous pouvez le découvrir ici : https://www.trading-formation.fr/previsions-or-et-argent-2026/
La vraie cause des pertes : les peurs (FUD) et le piège émotionnel
Il existe une histoire célèbre qui résume tout : même dans un fonds exceptionnel, beaucoup d’investisseurs finissent perdants… parce qu’ils achètent au plus haut (FOMO) et vendent au plus bas (FUD).
Autrement dit : le problème n’est pas seulement l’actif. C’est la psychologie du public peu expérimenté.
FOMO = Acronyme de “Fear Of Missing Out”. L’expression désigne la “peur de passer à côté de quelque chose”
FUD = Acronyme de “Fear, Uncertainty and Doubt”. En français, Peur, Incertitude et Doute
Le marché adore fabriquer deux émotions :
- la peur, pour pousser à vendre dans le rouge
- l’euphorie, pour pousser à acheter trop haut
Si vous ne neutralisez pas ça, vous pouvez perdre de l’argent sur n’importe quel actif — même un actif “de qualité”.
Que faire après la chute de l’Or et du Bitcoin ? (stratégie simple quand on débute)
Étape 1 — Clarifier votre objectif (protection vs performance)
- Protection : réduire le risque système, lisser la volatilité → l’or (et parfois l’argent) a du sens, mais avec une allocation raisonnable.
- Performance : accepter la volatilité → Bitcoin, altcoins, minières… mais avec des règles strictes.
Sans cette clarification, vous mélangez tout… et c’est là que naissent les mauvaises décisions.
Étape 2 — Définir une taille de position “anti-panique”
Le bon investissement n’est pas celui qui “monte”. C’est celui dont la taille ne vous force pas à vendre dans la panique.
En d’autres termes, si vous paniquez, c’est que votre taille de position est trop grosse.
Beaucoup d’institutions financières parlent d’allocations crypto modestes (ex : 1–4% de votre capital) précisément pour cette raison : survivre à la volatilité.
Pour l’or et l’argent-métal, veuillez consulter ce guide spécial :
https://www.trading-formation.fr/previsions-or-et-argent-2026/
Étape 3 — Passer en “multi-paliers” (la méthode la plus simple pour débutants)
Acceptez l’idée que les corrections violentes font partie du jeu.
C’est vrai en crypto. C’est vrai sur l’argent-métal. Et ça arrive aussi sur l’or quand le marché papier se purge.
Au lieu d’acheter en une fois :
- 1er achat : petit, maintenant
- 2e achat : si nouvelle baisse
- 3e achat : si capitulation / panique.
“Soyez craintif quand les autres sont avides. Soyez avide quand les autres sont craintifs.” – Warren Buffett
Cette méthode fait une chose magique : elle vous empêche de tout miser sur votre ego (“j’ai trouvé le bottom”).
Étape 4 — Couvrir (seulement si vous êtes formé)
Ici, prudence :
- Les options et la vente à découvert peuvent protéger…
- Mais elles peuvent aussi détruire un débutant.
Donc la règle premium est simple : couverture oui, mais uniquement si vous comprenez parfaitement ce que vous faites. Sinon, restez sur l’allocation (pas d’effet de levier) + multi-paliers + horizon.
Se couvrir peut aussi signifier rester en cash – et ne pas chercher à saisir le couteau quand il tombe. Et de patienter jusqu’à ce qu’une phase d’accumulation solide + un rebond clair ne se dessinent.
Étape 5 — Séparer “bruit” et “signal”
Le bruit : gros titres de journaux, tweets, panique, “c’est fini”.
Le signal : adoption institutionnelle, structuration des produits (ETF), flux de capitaux, contraintes d’offre (sur les métaux), et règles d’allocation.
Quand vous voyez BlackRock, BofA, Vanguard, Goldman Sachs renforcer leur présence, le signal principal est clair : le sujet n’est pas mort, il est industrialisé.
FAQ — Chute de l’Or et Bitcoin (questions simples, réponses claires)
Pourquoi Bitcoin chute alors que “les institutions arrivent” ?
Parce que l’institutionnalisation n’empêche pas la volatilité. Elle la structure. Et elle préfère souvent entrer après une baisse, quand la peur fait baisser les prix. L’indice Crypto “Fear and Greed Index” est un excellent indicateur pour connaître le moral des investisseurs et traders à l’instant T.
Pourquoi l’or et l’argent chutent brutalement si ce sont des refuges ?
À court terme : les corrections violentes arrivent souvent dans les marchés haussiers “à levier”, notamment via liquidations papier, ajustements de marges et ventes de couverture.
À long terme : la logique refuge peut rester intacte malgré la volatilité. La question est : avez-vous une taille de position et un plan qui vous permettent de tenir la tempête ?Wall Street manipule-t-elle le Bitcoin ?
Affirmer une manipulation exige des preuves. En revanche, constater un pattern “déjà-vu” : discours alarmants → baisse → panique → montée en puissance des produits financiers – est une observation cohérente. Le point utile pour l’investisseur : comprendre la logique des sociétés financières (ETF, contrôler la distribution, capter des commissions) et ensuite bâtir un plan qui ne dépend pas d’un récit unique.
Strategy (ex-MicroStrategy) a-t-elle un impact sur Bitcoin ?
Oui, parce que c’est un proxy boursier. Des changements de règles d’indexation (des critères MSCI par exemple) ou des ventes forcées peuvent amplifier la volatilité (dans un sens comme dans l’autre), même sans changement fondamental.
L’argent-métal est-il plus risqué que l’or ?
Oui, structurellement plus volatile. Il peut le surperformer en phase de hausse, mais corrige souvent plus fort en phase de stress … puis rebondit plus violemment.
Comment investir après la chute de l’Or et Bitcoin ?
La stratégie simple quand on débute : réduisez la taille de position, supprimez le levier, revenez à un plan d’allocation, travaillez par paliers et évitez les décisions sur un pic d’émotion. Ne faites du trading que si vous êtes formé. C’est la règle la plus “anti-erreur”.
Conclusion : le vrai avantage en 2026, ce n’est pas “prédire”, c’est tenir un plan
La chute de l’Or et Bitcoin n’est pas seulement un événement de prix. C’est un test de sang-froid.
Dans ces phases, les investisseurs qui gagnent ne sont pas ceux qui ont “deviné” le point bas. Ce sont ceux qui :
- ont une taille de position appropriée,
- une méthode (multi-paliers),
- et une lecture “signal > bruit”.
Et surtout : ils comprennent une règle simple.
Le marché punit ceux qui improvisent. Il utilise les peurs pour transférer les actifs des mains fragiles pour récompenser les mains fortes, ceux agissent avec méthode.



